2) Entretien avec NONO par Mélanie Barbotin

Publié le 18 Août 2015

Nono dessine sa Bretagne au festival du livre

La Bretagne illustrée est le thème qui a été retenu pour la 12e édition du Festival du livre en Bretagne de Guérande. Le dessinateur et caricaturiste Joël Auvin, alias Nono est l’invité d’honneur.

- Entretien publié dans Ouest-France le mercredi 12 août 2015 -

2) Entretien avec NONO par Mélanie Barbotin
Vous avez travaillé pendant 25 ans à Ouest-France comme dessinateur de presse avant de rejoindre Le Télégramme. Quelle est votre technique de travail ?

Je fais un dessin assez rapide alors que pour la bande dessinée s’inscrit dans le temps. J’aime ce rythme quotidien de production que je trouve dans un journal. Le dessin de presse est fait pour rire mais surtout pour fait pour réfléchir. Je relie souvent deux événements du jour. Je suis de la vieille école je n’utilise pas l’ordinateur et je fais encore tout à l’aquarelle. Je trace d’abord une esquisse rapide, puis j’encre les dessins pour les coloriser. J’aime les bulles avec des phrases courtes, qui relèvent du langage parlé. Je mets souvent quelques mots bretons en plus.

Quels sont vos sujets de prédilection lorsque vous dessinez ?

J’utilise des signes qui sont reconnaissables par tous. J’aime dessiner des Bigoudens quand je veux faire parler une grand-mère, même si la mienne n’était pas bigoudène et portait la coiffe de Lorient. Dans mes caricatures j’utilise aussi beaucoup d’hommes politiques ou des stéréotypes de personnages, comme le patron ou l’ouvrier.

Vous imposez-vous certaines limites lorsque vous réalisez une caricature ?

Cette année, il y a eu la grande question de la Liberté d’expression, avec les attentats de Charlie Hebdo. Quand on est dessinateur on est très attaché à la liberté d’expression. Après, caricaturer quelqu’un ce n’est pas évident, il faut chercher les traits qui peuvent être accentués. C’est irrévérencieux. Mais pour que ce soit réussi il faut que le lecteur reconnaisse tout de suite de quoi on parle, il ne faut pas qu’il y ait d’ambiguïté. Sinon, on peut tout dessiner même les sujets les plus graves, même si on ne fait pas forcément quelque chose de très drôle.

2) Entretien avec NONO par Mélanie Barbotin
Pourquoi signez-vous vos dessins Nono ?

C’est tout bête, quand j’avais quatorze ans, il y avait un feuilleton télévisé avec un garçon brun aux cheveux frisés comme moi, qui s’appelait Nono. Mes copains ont commencé à m’appeler comme ça. C’est resté et il me fallait un surnom pour signer.

Lors du Festival du livre en Bretagne de Guérande, vous allez animer avec Paul Burel, un autre journaliste, une conférence drolatique, qu’est-ce que c’est ?

Avec Paul Burel nous avons écrit un livre sur l’école de Pont-Aven, un mouvement de peinture qui est apparu à la fin du XIXe siècle. Ensemble on a voulu raconter comment et pourquoi des artistes américains et parisiens se sont déplacés à Pont- Aven pour peindre. Mais pour ça, on utilise l’humour. Notre conférence s’appelle Les colles de Pont-Aven. Il y aura une sélection de dessins qui seront projetés, en même temps.

Propos recueillis par Mélanie BARBOTIN.

Portrait de NONO © Photo Elodie Cloarec

Du 19 au 22 novembre, Festival du livre en Bretagne de Guérande.

Plus d’informations sur http://festivaldulivreenbretagnedeguerande.overblog.com

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- L'équipe du Festival remercie Mélanie Barbotin et Ouest-France pour leur autorisation, pour reproduire cet entretien sur le site internet du Festival du Livre en Bretagne de Guérande. -

2) Entretien avec NONO par Mélanie Barbotin

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